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L’acteur créateur

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n créateur, disons par exemple un écrivain, va chercher en lui, au fond de lui, des histoires, des souvenirs, des sensations, des secrets, des douleurs, des ridicules, des impudeurs, des délicatesses, et tout cela, il le jette sur la page. Et que fait d’autre l’acteur, le véritable acteur ? Il se jette sur le plateau, lui, être humain chaotique, mystérieux, unique, il se met en forme, pour en faire du théâtre. L’auteur met en mots, l’acteur met en voix, en corps, sueurs, larmes, vibrations physiologiques. C’est aussi précis qu’écrire, aussi inventif. Je fais les deux, et je le sais, que c’est pareil.

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« L’ACTEUR CRÉATEUR N°21» LE VERS RACINIEN ET AUTRES LANGUES

REPORT 
Stage AFDAS dirigé par Jean-Michel Rabeux 
Du 30 novembre au 18 décembre 2020 / LOKal (Saint-Denis)

INSCRIPTIONS JUSQU'AU 18 OCTOBRE INCLUS !

Après un atelier mené sur ce même thème par Claude Degliame, actrice, c’est moi, metteur en scène, qui remet sur le métier cette problématique de la très paradoxale langue tragique.
Nous commencerons donc par Racine, dont la langue est elle-même un paradoxe, puisque pour nous faire partager le chaos des passions, elle use du comble de l’ordre dans la langue française : l’alexandrin.
Avec cette étrange matière, donc, et non en dépit d’elle, nous allons vivifier l’humain très réel, très concret, qu’elle contient, en mettant en jeu le « présent » de chaque acteur, son corps et âme d’ici et de maintenant, sa charge de vie, sa singularité. Il s’agit d’une implosion intense de tous les sens, mais intensément contrôlée par le respect des douze pieds, des brèves, des longues, des liaisons. C’est à ce prix du paradoxe ordre/désordre, passé/contemporain, que l’acteur parvient à arracher les vers du Temps, à les faire résonner, sonner dans les corps des spectateurs d’aujourd’hui, avec sensualité, brutalité, effet immédiat.
Travailler le jeu tragique (travailler quelque jeu que ce soit) c’est se plier à l’injonction d’une langue pour en extraire les beautés. Mais en étant le plus possible dans nos chairs, nos os, nos âmes. En partant de cet autre paradoxe, nous allons chercher comment les langues tragiques de maintenant peuvent, grâce à vous, actrices, acteurs, grâce à vos corps, à vos âmes, faire résonner leur chant. Notre boulot c’est : comment faire avec elles, comment les proférer, les dresser sur le plateau pour qu’elles pénètrent l’imaginaire des spectateurs, l’ensemencent ?
Pour Racine chacun choisira, dans toute l’œuvre, l’extrait qui lui convient. Pour les textes contemporains je propose de travailler des extraits du "Phèdra’s love" de Sarah Kane, du "Médée" de Jean René Lemoine, de "Au bord" de Claudine Galéa, et de" Hamlet machine" de Heiner Müller.

Jean-Michel Rabeux

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