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L’acteur créateur

U

n créateur, disons par exemple un écrivain, va chercher en lui, au fond de lui, des histoires, des souvenirs, des sensations, des secrets, des douleurs, des ridicules, des impudeurs, des délicatesses, et tout cela, il le jette sur la page. Et que fait d’autre l’acteur, le véritable acteur ? Il se jette sur le plateau, lui, être humain chaotique, mystérieux, unique, il se met en forme, pour en faire du théâtre. L’auteur met en mots, l’acteur met en voix, en corps, sueurs, larmes, vibrations physiologiques. C’est aussi précis qu’écrire, aussi inventif. Je fais les deux, et je le sais, que c’est pareil.

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« L’ACTEUR CRÉATEUR N°18» L'ACTEUR CREATEUR DE SHAKESPEARE.
Stage AFDAS dirigé par Jean-Michel Rabeux 
Du 12 novembre au 7 décembre 2018 / LoKal (Saint-Denis)

"Shakespeare. Le mot suffit à donner des envies de jeu. C’est « dur à jouer », chacun qui s’y est attelé le sait bien, si l’on veut jouer vraiment, vraiment faire jouer l’humain à travers la langue, et pas seulement jouer le numéro de l’acteur. Pas seulement blablater culturellement. 

C’est dur, donc c’est intéressant pour nous. Une matière à approfondissement du travail de chacun, moi compris bien évidemment.

C’est une langue qui oblige au paradoxe. L’acteur doit y être très lyrique et très concret, très intérieur et très extraverti, très châtié, voire précieux, et très brut, très énigmatique mais d’une totale évidence, très classique, mais très contemporain. Dur, dur !
C’est une langue sacrément physique. Si le corps n’est pas totalement là, Shakespeare n’est pas là du tout. Ça tombe bien, parce qu’au théâtre c’est un peu très souvent toujours comme ça. Mais avec Shakespeare le corps est absolument inévitable, sinon ça se voit beaucoup, beaucoup. Il suffit de regarder beaucoup, beaucoup de plateaux.

Quand je parle du corps, je parle du corps en entier, c’est à dire avec son âme aussi, qui rigole ou qui meurt, son imaginaire en alerte, avec les dents, avec chaque muscle, de la face au cul, pour projeter la langue et son esprit.

Comme le terrain de jeu est très vaste on le réduit à Roméo et Juliette, avec peut-être un peu dans Lear ou dans le Songe. Arbitrairement, parce que je les ai adaptés. Mais aussi à cause de thèmes communs : l’abus des pères, la résistance des filles. La liberté, la liberté. La folie, l’amour à mort, la mort de l’amour, la force de l’amour.

Il y a de quoi faire, de quoi approfondir le rapport de son corps avec ses douleurs, ses rêves. De quoi plonger. On ne trouvera pas le fond. Juste l’approcher, en tâtonnant, juste tenter la langue pour de bon, tenter d’être là en entier, imaginaire déployé. Etre incompréhensible et merveilleux comme l’est la vie même. Etre très professionnel, c’est à dire jouer sa vie."

Jean-Michel Rabeux

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